Ecrire, un exutoire

« Ecrire des romans me permet avant tout de m’extraire de la réalité et de la maladie. Une sorte d’exutoire. Dans l’écriture, le monde de l’imaginaire, de nombreuses choses sont possibles, tout est possible, y compris la guérison de mes malades, à la différence du monde réel.

Je ne considère pas ce que j’écris comme de la vraie littérature, ce sont des histoires que j’essaie de raconter très simplement. Car c’est l’histoire, la narration d’événements, qui prime dans mes romans. Pour cela, je me mets en situation devant une feuille de papier, un peu comme si je racontais une anecdote à quelqu’un et je noircis les pages à la main.

Dans mes romans, le héros est toujours confronté à la mort des autres. Cela fait des années que j’essaie d’écrire une pièce, dont j’ai déjà le titre en tête, sur un médecin qui serait confronté à sa propre mort. Mais c’est tellement intime que je n’y arrive pas. »

Un monde où tout est possible

« La communication, c’est dire quelque chose mais surtout que quelqu’un l’entende, le comprenne. J’ai fait partie de la génération de médecins qui a dû expliquer le cancer, pour en changer l’image et celle des cancéreux.

Alors il est vrai que le roman, c’est un excellent moyen pour vulgariser le monde médical et le faire comprendre au plus grand nombre. La forme romanesque en elle-même permet d’utiliser des mots simples: on attrape le lecteur par la main, il entre dans une histoire qui le conduit dans un univers où l’on peut l’informer sur la médecine et la science de manière claire et compréhensible.

Il arrive que la cancérologie, surtout dans mon service où les cas sont graves, soit une médecine de l’impuissance. Or, dans un univers romanesque, le héros a tous les pouvoirs, il peut guérir des patients qui n’auraient pas eu la chance d’être sauvés dans la réalité. C’est un monde où tout est possible et même de ne pas être désarmé face à la maladie. »

David Khayat