Une part autobiographique

« Mes romans ne sont pas à proprement parler autobiographiques. Mais il y a un peu de moi dans la plupart de mes livres, même si j’avoue qu’aucune des histoires n’est réelle dans son intégralité. Je n’ai jamais eu, par exemple, de relation personnelle et sentimentale avec aucune de mes patientes, ce qui arrive au médecin de La vie pour s’aimer.

Si la part autobiographique n’est pas totale, les idées que j’y développe le sont. Il y a, dans chacun des livres, un message, une idée qui me tient à coeur. J’essaie de transmettre, par écrit, une pensée personnelle qui me touche au quotidien avec les malades. Comme le sens de l’acte et du pouvoir médical dans Le coffre aux âmes. Dans ce roman, il est question de l’impuissance du médecin. Quand, objectivement, il n’y a plus rien à faire d’un point de vue médical, la seule chose qu’il reste au médecin est de s’assoir au bord du lit du malade, lui tenir la main et lui parler, l’écouter. Ce n’est que de l’humain et c’est pourtant beaucoup. L’un des médecins du livre considère que s’il ne guérit pas le patient, il n’est pas un bon praticien. L’autre accepte de reconnaître qu’il y a parfois des limites à ce qu’il peut faire.

La notion de passage, d’enseignement entre un maître et son élève est évoquée dans Ne meurs pas, le roman qui est sans doute le plus autobiographique. Je  raconte le compagnonnage que j’ai eu avec mon maître et sa douloureuse disparition.

Dans La vie pour s’aimer, je tenais à communiquer l’idée que la maladie ne résume pas un être humain, et qu’une femme, même avec un cancer, reste une femme. Et qu’un médecin, même avec une blouse blanche, reste un homme. Il n’est en rien protégé de la maladie, et, même avec sa blouse blanche, est confronté à la souffrance et au doute. »

David Khayat