Le choix de la cancérologie

« Alors que je suis en première année de médecine, mon meilleur ami se marie. Et je suis le témoin de ce très beau mariage. Peu de temps après le retour de son voyage de noce, sa femme présente une hémorragie génitale. On diagnostique un cancer généralisé. A l’époque, dans les années 1970, il n’y avait pas encore de spécialité de cancérologie, à proprement parler. Elle est opérée, fait des rayons, de la chimiothérapie, une chimiothérapie qui balbutiait encore et était terrible pour les patients. Au bout de deux ans, le chef de clinique lui annonce qu’elle est en rémission.
Elle a guéri, a repris ses études de médecine, les a finit et est devenue ophtalmologue. Elle a malheureusement divorcé, le cancer détruit bien souvent les couples.

Je l’ai vue morte, je pensais qu’elle allait disparaître. Un contraste terrible entre les images que j’avais d’elle lors du mariage, belle, et puis malade, sans cheveux, maigre. J’ai été émerveillé de voir la vie reprendre dans son corps, ses cheveux repousser, des couleurs revenir sur son visage, et je me suis dit c’est ça, je veux être cancérologue. Parce qu’il y a encore tant de choses à découvrir pour soigner ces patients. »

David Khayat