Se battre pour les malades

« Dans le service de cancérologie de la Pitié-Salpêtrière, 80% des hospitalisations sont des soins palliatifs. Notre promesse est d’accompagner les patients jusqu’au bout. C’est pour cela que depuis quinze ans, il n’y a plus de grande visite avec internes, médecins et infirmières. Dans ces moments difficiles et souvent douloureux, il n’y a pas d’enseignement médical à transmettre. Il est avant tout question d’humanité et de dialogue avec le malade, sa famille et ses proches.

Il y a vingt ans, le malade était traité comme un objet. Aujourd’hui, c’est un rapport singulier qui est entretenu avec le patient dans le service.

Il faut mettre un terme au rapport perpendiculaire traditionnellement établi entre un médecin debout, avec le savoir ; et un malade, couché, qui a passé la nuit dans une chambre d’hôpital et n’a pas les moyens de comprendre. C’est une forme de domination, tout écrase le malade et fait s’exercer sur lui la démonstration de la supériorité du médecin.

Car la médecine aujourd’hui n’a plus à revendiquer le pouvoir. Elle connaît malheureusement bien des échecs, et en cancérologie, Dieu sait qu’ils sont nombreux. C’est le pouvoir sur la maladie qu’il faut prendre, non sur le malade. »

David Khayat